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 Taya || Wrath of the Desert [Terminée]

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MessageSujet: Taya || Wrath of the Desert [Terminée]   Lun 14 Mai - 22:25


Taya Hrargod
wrath of the desert


20 ans - Hybride tigre - Neutre - Élémentaliste (feu)



NOM ∆ Hrargod
PRÉNOM ∆ Taya
AGE ∆ 20 ans
SEXE ∆ Femme
ORIENTATION SEXUELLE ∆ Pansexuelle, à tendance hétéro.

RACE ∆ Hybride tigre / Démon
CLASSE ∆ Élémentaliste (feu)
GROUPE ∆ Voyageurs
CLAN ∆ Neutre
MONTURE ∆ Aucune.
FAMILIER ∆ Un petit renard roux, nommé Leaf.

__________

TAILLE ∆ 1m65.
COULEUR DES YEUX ∆ Bruns, tirant sur le vert.
COULEUR DE CHEVEUX ∆ C'est une cascade de boucles enflammées qu'on trouve sur sa tête, aux couleurs variant entre le roux et le blond cuivré.

STYLE VESTIMENTAIRE ∆ Taya revêt des vêtements de style assez primitifs, dû au fait qu'elle pratique la chasse et demeure recluse dans un coin du désert avec son père, le démon Nythiel. Elle confectionne ses propres tenues à partir des peaux tannées qu'elle récupère de ses chasses. Ainsi, elle crée ses tenues de façon à ce qu'elles soient légères, pratiques et faciles d'entretien.
SIGNES PARTICULIERS ∆ À part les multiples taches de rousseur qui ornent son visage et la peau de ses épaules en particulier, lorsque vient l'été et que le soleil lui fait prendre des couleurs, il est possible de distinguer vaguement sur sa peau les rayures qu'elle arbore sous sa forme animale, soit celle d'un grand tigre assez élancé et svelte, bâti pour la course.



Caractère

Taya est une curieuse petite créature. Elle possède un caractère plus proche de l’humain que du démon, comme le témoigne cette énorme différence entre son attitude et celle de son père. Alors qu’elle pose un regard positif sur la vie et les surprises qu’elle réserve, ce dernier en est tout le contraire. Et pourtant, ils se ressemblent davantage qu’ils ne le pensent.

La tigresse est une jeune hybride très curieuse, qui ne s’arrête à rien lorsqu’elle est sur la piste d’une possible nouvelle découverte. Il n’y a que lorsqu’une situation plus dangereuse se pointe qu’elle s’arrête et se montre extrêmement prudente. Après tout, elle s’était toujours dit qu’il fallait survivre afin d’explorer le monde un jour de plus. Alors c’est ce qu’elle fait; elle exerce sa témérité tout en demeurant un minimum sur ses gardes afin d’éviter de se mettre en danger.

Autant elle peut adorer toute chose qu’elle découvre, autant elle est très méfiante envers les gens qu’elle rencontre pour la première fois. Son passé troublé est la principale cause de sa méfiance; n’ayant pas grandi au sein d’une famille, mais bien enfermée dans la cave d’une vieille maison isolée sur la Montagne des Glaces parce que les gens de son village ont tué sa mère et avaient peur de sa double nature, Taya n’a réellement appris comment se comporter envers les autres que lorsqu’elle réussit à échapper à ce calvaire. Ce fut Nythiel qui lui inculqua tous les savoirs qu’elle possède maintenant et, bien que curieuse, elle n’osa jamais lui poser trop de questions, par peur de l’ennuyer. Bien que ce n’est pas l’intelligence qui lui manque, Taya ne connaît pas tout de ce monde et encore énormément de concepts lui sont étrangers.

Une fois que l’on arrive à la connaître et à gagner sa confiance (et surtout, lorsqu’on arrive finalement à oublier le fait que le démon Nythiel est son père), cependant, l’on gagne une précieuse alliée. L’hybride est d’une extrême sensibilité, tellement qu’on pourrait la confondre avec un empathe. Elle arrive à discerner les émotions des autres simplement en observant leur manière d’être, de se tenir, leurs expressions et leur regard. Elle sait identifier quand on lui ment et quand on lui dit la vérité, bien que cela ne fonctionne pas toujours. M’enfin, vous aurez compris que les états d’âme d’autrui ne lui sont pas étrangers. Et lorsqu’elle sait qu’une personne à qui elle tient ne semble pas aller, elle fera tout en son pouvoir pour lui redonner le sourire. C’est ce qui fait d’elle une amie aidante, bien que peu de gens ont eu l’occasion d’obtenir sa confiance.

Elle est loyale à qui sait lui offrir sa confiance et obtenir la sienne en retour. Comme elle n’a jamais été acceptée des autres et malgré son aversion pour les créatures humanoïdes en général, Taya cherche avec ferveur quelqu’un qui saura l’apprécier pour ce qu’elle est, et non pas quelqu’un qui ne verra en elle que le démon qui l’a conçue. Elle sait pertinemment que les faits et gestes commis par son paternel ne relèvent pas des plus brillants exploits de tous les temps, mais combien aimerait-elle que l’on cesse de la juger simplement parce qu’elle est la fille de Nythiel.

Finalement, Taya est une femme qui paraît très mystérieuse au regard d’autrui. Elle se cache derrière de jolis sourires, de belles paroles, alors qu’au fond elle cache le fait que Nythiel est son père comme si c’était le plus précieux des secrets. D’un côté, elle ne veut pas que les autres qu’elle pourrait potentiellement rencontrer et apprécier apprennent qu’elle est sa fille, et de l’autre, elle veut éviter que ceux qui ont de mauvaises intentions envers son père ne la suivent. Certes, ces actions sont extrêmement violentes et meutrières. Oui, Nythiel est un démon de la pire espèce. Mais pour elle, cet homme est son père. C’est lui qui l’a élevée, qui lui a appris à chasser, qui lui a offert l’arc de sa mère le jour où elle fut fin prête pour sa première chasse en solo. C’est lui qui fut doux envers elle, qui la traita comme on traite sa propre famille dès le premier jour de leur rencontre.

A ses yeux, son père, malgré ses actions peu reluisantes et très violentes, n’est pas un monstre; il est son héros, son sauveur, tout simplement.


Histoire


Prologue

Les Coeurs-Gelés sont une tribu d’individus tous plus étranges que les autres. Des hybrides, pour la plupart, bien qu’il y ait quelques humains dont la lignée est restée pure au fil des siècles, tous friands du froid polaire régnant sur les plateaux de la Montagne des Glaces. Vile maîtresse assurant la mort de ceux s’égarant des sentiers battus, il y est difficile de vivre adéquatement. Couramment appelés « Infortunés » ou encore « Marcheurs des Glaces », ces êtres ont su s’adapter au froid et aux conditions extrêmes que ces hauts plateaux leur envoient. Au fil des siècles, ces gens ont perdu tout contact avec la basse civilisation, ont perdu toute notion qu’eux ont pu leur transmettre par le passé. Ils se sont isolés, au point où toute trace de leur existence fut perdue, effacée des recueils d’histoire. Tout ce qu’il reste d’eux est une simple légende, qui raconte l’existence d’êtres ayant fui dans les hauteurs de la montagne afin d’éviter la grande guerre, il y a des siècles de cela.

Pourtant, c’est au sein de cette tribu que débute notre histoire.

Sur le plateau, là où la montagne recommence à grimper vers les cieux; là était installé le grand village du clan, avec leurs grandes maisons de pierre et les feux allumés au milieu d’un rassemblement circulaire de demeures. Cette nuit-là, tous les habitants étaient rassemblés autour des flammes, habillés chaudement et à genoux dans la neige. Seules les quatre Anciennes, Enith, Odilée, Naria et Maréa se tenaient debout, chacune près d’un des feux, adressant la parole en choeur à leurs fidèles. Tous étaient présents pour la prière dédiée à la Toute-Mère, sauf deux personnes; Nhiev, le grand chasseur du village et sa femme, Élune. Eux étaient occupés à autre chose.

Deux jours qu’ils étaient isolés dans leur demeure, près de la cheminée où brûlait un bon feu. Deux jours qu’Élune souffrait, que les contractions ne menaient à rien. Son ventre était toujours aussi rond, toujours aussi plein; l’enfant qu’elle portait ne semblait point vouloir se manifester. Jamais son mari ne la laissa seule, jamais il ne lâcha sa main; il savait qu’il devait être là pour l’aider, lui apporter autant de réconfort qu’il le pouvait. Elle était effrayée et ce, avec raison; deux jours de douleur sans que l’enfant ne se manifeste était chose anormale. Ce fut pour aider que les Anciennes avaient convoqué le village à la prière, cette nuit-là, afin d’implorer la clémence de leur déesse, Dasanke, et d’alléger les souffrances de la pauvre femme. Ce fut ainsi que, de peine et de misère, Élune mit au monde une petite fille, à l’aube du jour d’ensuite. Une fille à laquelle on donna le nom d’Aria.

Aimée de sa famille et de leurs amis, la petite grandit au sein d’une communauté très serrée. De forts liens furent tissés entre elle et plusieurs jeunes hybrides de son âge, mais il restait que tout le monde l’appréciait beaucoup. Après tout, sa naissance relevait du miracle; quelques heures de plus et ce n’était pas seulement qu’elle que le clan aurait perdu. Élune aurait péri en couche, et Aria n’aurait jamais pu prendre quelconque souffle en ce monde enneigé. Mais ce ne fut pas seulement pour cette raison que la petite forgea un lien tout particulier avec Odilée, l’une des Aînées; sa curiosité débridée et sa soif d’apprendre la guidèrent jusqu’à elle, et la vieille dame lui apprit tout ce qu’elle savait sur leur monde. D’une façon de se repérer en observant les étoiles à chaque détail concernant le culte qu’ils vouaient à la lune et sa maîtresse, déesse Dasanke, Aria apprit énormément de choses grâce à l’Ancienne, qui ne leva jamais la main sur elle, ne la réprimanda jamais et ne lui refusa jamais une quelconque notion qu’elle cherchait à apprendre.

Au fil des années, l’hybride-tigre grandit de plus en plus, devenant une splendide jeune femme à la chevelure de feu et au regard perçant, aux techniques de chasses hors-pairs qu’elle apprit auprès de son père. Elle apprit à créer ses propres armes, tanner les peaux de bête, apprêter la viande; sa mémoire spectaculaire lui permit d’apprendre différentes techniques de survie, de combat. Plus le temps passait, et plus ses parents étaient fiers d’elle. Plus le village était fier d’elle. A l’aube de ses vingts étés, cependant, une tragédie d’une ampleur inimaginable se produit, coûtant la vie à près de la moitié de la tribu.

Une vague de froid, plus intense que toutes celles ayant pu ravager l’atmosphère du plateau où les Coeurs-Gelés étaient installés depuis des siècles, s’étendit sur la montagne. Tempête après tempête se déchaînèrent et, bientôt, il fit trop froid pour que la tribu puisse demeurer dans leur village en toute sécurité. Il n’y avait pas une seule magie qui aurait pu être assez forte pour garder les habitants au chaud dans leurs demeures. Et ce fut ce jour-là que les Aînées décidèrent que le mieux pour eux était de quitter le climat polaire du plateau, afin de descendre au pied du mont enneigé.

Jamais Aria n’avait vu de paysage aussi coloré. Le plateau avait été dépourvu de couleurs toute sa vie; jamais elle ne se serait doutée qu’une telle splendeur pouvait exister, au bas de la Montagne de Glace. A peine arrivée sous les nuages, son regard s’était rivé sur l’horizon, sur la verdure qui s’étendait à perte de vue, sur l’océan qu’elle voyait au loin. Et la première pensée qui lui traversa l’esprit fut celle, convaincante, qu’elle ne retournerait plus jamais sur le plateau avec le reste de son clan, et ce malgré les forts liens qu’elle avait entretenus avec eux toute sa courte vie.

La tigresse ne mit que très peu de temps à s’adapter à son nouvel environnement. Chaque jour, ses chasses la menaient à découvrir de nouvelles zones entourant le campement temporaire des siens, si bien qu’au retour, souvent, elle ramenait des créatures complètement inconnues qu’elle avait croisées pour la première fois. Ses prises étaient belles et grasses, tout ce dont le village avait besoin; les peaux étaient tannées afin d’en faire des vêtements ou des pans de tentes, les os utilisés pour créer des bijoux et des outils. Encore une fois, elle faisait la fierté des siens, plus que jamais avant; elle était l’une des seules à être assez téméraire pour partir en chasse, et l’une des seules à avoir les connaissances requises pour se retrouver et revenir au campement.

Puis, un jour, alors que ses pas l’avaient menée beaucoup plus loin que la dernière chasse qu’elle avait entreprise, elle le croisa. Un homme d’une apparence dont elle ne se doutait point était possible. Jamais, de toutes ses années passées auprès d’elle, Odilée ne lui avait mentionné l’existence de créatures semblables. Autant la chasseresse était fascinée par une telle découverte, autant elle était inquiète. Observant l’être du haut de la cime des arbres, perchée sur une branche et silencieuse comme tout, elle décela un certain mal-être dans le regard de l’homme. Sourcils froncés, elle scruta sa silhouette un instant, ces grandes ailes émergeant de son dos, cette forte carrure. Puis elle la repéra, la flèche qui s’était fichée dans sa chair, sur sa jambe. La tête inclinée de côté, Aria le fixa un long moment, prenant le temps d’observer chacun de ses gestes. Il semblait incapable de retirer le projectile de lui-même.

Ce fut à ce moment que l’hybride décida d’intervenir, se laissant tomber de sa branche afin d’atterrir gracieusement au sol, plus loin devant lui. Lui avait sursauté, l’observait d’un regard rempli de méfiance et de colère. Chose qu’elle comprenait; après tout, voir une étrangère débarquer de nulle part alors qu’on est blessé, disons que ce n’était pas la situation idéale. Néanmoins, Aria était déterminée à au moins l’aider à s’en remettre. Puisqu’il ne la laisserait visiblement pas l’approcher sans résister, elle posa ses armes et tenta le tout pour le tout, sortant un rouleau de bandages de ses affaires et bondissant près de lui afin de lui retirer la flèche et bander la plaie aussi rapidement que possible, avant de rouler plus loin pour éviter de possibles représailles. Et bien qu’elle se doutait qu’il n’avait pas apprécié son geste, elle était tout de même heureuse de l’avoir posé. D’ici quelques jours, peut-être, il comprendrait qu’elle avait fait cela pour son bien.

Ce soir-là, la tigresse revint les mains vides au campement des Coeurs-Gelés, au pied de la montagne. On lui indiqua que ce n’était pas grave, que de mauvaises chasses étaient choses qui arrivent parfois. Mais les pensées d’Aria n’étaient point occupées par cela. Bien vite, la jeune femme s’isola, loin des autres et leurs commentaires se voulant rassurants. Elle repensait à cet homme étrange qu’elle avait vu plus tôt. Elle se posait énormément de questions. Les Anciennes avaient toujours indiqué à la tribu de craindre les gens de l’extérieur. Pourtant, malgré la méfiance et la colère de l’individu, Aria n’avait jamais ressenti de peur. Elle avait tout simplement ressenti un profond désir d’en apprendre davantage sur ce monde qu’elle découvrait petit à petit. Et elle espérait le revoir, lui, afin de lui poser des questions, mais également pour s’assurer que sa blessure guérissait bien.

* * *

« Crois-tu que nous serons heureux ensemble? »

Quelques secondes s’écoulent, accompagnées d’un silence total de la part de la femme concernée par ces paroles remplies d’incertitudes. Un léger sourire se niche sur les traits fins de son visage, alors que son regard bichrome se détourne du ciel afin de se plonger dans celui de son compagnon. Le voir là, près d’elle, ne fait que donner une lueur radieuse au regard de la belle hybride, qui se redresse un instant afin de mieux l’observer. Son sourire ne quitte jamais sa bouche.

« Bien sûr que nous serons heureux, Nythiel, » lui assure-t-elle, offrant un sourire rassurant. « Et ma réponse ne changera point, peu importe le nombre de fois où tu me poseras cette même question. »

Aria se pencha alors doucement, déposant un baiser sur les lèvres de son amoureux. Combien de fois lui avait-il adressé ces mêmes paroles? Fort probablement trop souvent. Trop pour compter. Elle savait qu’il représentait un certain danger, qu’il la mettait en danger et qu’elle se mettait en danger en demeurant à ses côtés. Mais ça lui était égal. Elle était heureuse, là, maintenant, alors qu’elle s’était redressée et observait maintenant le démon d’un air doux, empli d’affection et d’amour. Choses qu’elle n’eut jamais éprouvées en ce sens pour qui que ce soit auparavant, et dont elle voulait profiter autant que ces moments qu’elle chérissait tant le lui permettraient. Car cette relation qu’ils entretenaient était vouée au secret, cachée des regards indiscrets depuis le jour où ils s’étaient avoué leurs sentiments; jamais les Aînées ne devaient la découvrir.

Combien elles et tout le village lui en voudraient, de découvrir que son coeur ne battait plus que pour une créature dont eux ne connaissaient rien, qu’elle s’était laissée séduire par un être qu’eux qualifieraient certainement de monstre. Elle serait certainement confinée au cachot, bonne à être sacrifiée à la prochaine lune. Mais ça ne lui importait que très peu. Tant qu’elle revenait au village avec quelques prises au soir, personne ne soupçonnerait quoi que ce soit.

Puis, il fut un soir où elle ne revint pas au village.

Ce soir-là, en pleine nature et à l’abri des regards indiscrets, la jeune femme comprit enfin ce que c’était que d’être véritablement aimée. Elle put ressentir pour une première fois les plaisirs de la chair, partageant ainsi un moment d’une intimité dont elle n’aurait jamais su imaginer avec Nythiel. Elle avait tant désiré son amant, et lui l’eut tant désirée en retour, que bientôt chacun ne put retenir ses ardeurs. De fiévreux baisers, échangés, volés à même les lèvres de l’autre se firent de plus en plus osés, l’un en couvrant la peau et le corps de l’autre, parcourant la chair de ses lèvres et embrassant toute parcelle exposée avec amour. De tendres caresses devinrent rapidement un toucher sensuel, faisant voler en éclats toute notion de restreinte. Sous les étoiles, à peine éclairés par la lune, Aria s’abandonna dans les bras de son amant, sans jamais penser à l’impact qu’une telle chose pourrait éventuellement causer dans sa vie.


Return to the Mountain

Le temps passa vite, trop vite. Ces nuits passées auprès de son amant se multipliaient, elle passait de moins en moins de temps parmi les siens; si bien qu’un jour, sans qu’Aria ne comprenne pourquoi, on l’empêcha tout bonnement de quitter le campement. Aucune raison ne lui fut divulguée, on ne voulut point l’informer de la cause de ce jugement soudain. Puis vint une nuit où Odilée s’était faufilée dans la tente de la jeune hybride afin de lui parler, sachant que la tigresse ne dormait pas.

« Ma chère enfant, » avait-elle commencé de sa voix vieille et rauque. « Comprends que tu ne peux pas t’attacher à qui ou quoi que ce soit en dehors des gens de ce clan. Nous devons retourner sur la montagne, là où la Toute-Mère nous a si gracieusement laissés à la création du monde. Nous ne pouvons pas demeurer ici-bas. »

Aria aurait tant voulu protester, mais elle savait qu’Odilée avait certainement raison. Après tout, la déesse avait été si gracieuse avec sa mère en lui permettant de vivre… C’était la moindre des choses que de repayer cette dette en demeurant dans les montagnes, avec son clan, malgré la promesse qu’elle s’était faite de ne plus jamais y retourner.

Alors la chasseresse s’était décidée d’avertir son amant par la pensée.

Elle lui avait dit qu’elle ne pourrait plus revenir, une fois perchée à nouveau sur la Montagne des Glaces.

Elle lui avait dit qu’il ne pourrait l’atteindre à cause des violentes tempêtes causées par les humeurs terriblement changeantes de la Toute-Mère.

Elle lui avait dit que c’était certainement la fin de leur aventure à deux.

Le coeur brisé, près de deux semaines plus tard, la jeune femme dût suivre le reste de sa tribu jusqu’aux plateaux, au-delà des nuages, destinée à ne plus jamais revoir ces terres qu’elle aimait tant, et ne plus jamais revoir l’homme qui faisait battre son coeur.


The Sacrifice

Le village entier était sous le choc. Plusieurs mois déjà qu’ils étaient revenus prendre possession des maisons de pierre qu’ils avaient abandonnées presque un an plus tôt, et déjà, les rumeurs fusaient de partout. Des rumeurs au sujet de l’unique fille d’Élune et Nhiev, des rumeurs de très mauvais goût et augure. L’on murmurait sous cape sur leur passage, sur le passage de la figure voilée quittant le hall principal où trônaient les Anciennes, poignets ligotés et guidée vers les cachots par lesdits parents. On offrait des noms très colorés à la silhouette au ventre déjà si rond; des noms comme ‘pute,’ ‘saleté,’ ‘infidèle’ ; on lui lançait de la neige et, parfois même, des cailloux gelés ou des morceaux de glace. Ce n’était que dans sa cellule, au fond d’un sous-sol mal éclairé et froid, qu’elle se sentait en sécurité désormais.

Une fois ses poignets libérés, la jeune hybride s’engouffra dans sa cellule sans même adresser quelque parole à ses géniteurs, qui eux lui tournèrent aussitôt le dos. Plus personne ne voulait d’elle, à présent; l’on disait d’elle qu’elle avait volontairement couché avec un monstre, qu’elle portait en elle un enfant qui naîtrait difforme, souillé par les actes de sa mère. Pourtant, cette dernière ne pouvait se résoudre à laisser les Aînées la forcer à s’en débarrasser; à ses yeux, cet enfant, quoi que conçu hors-mariage, avait été créé dans l’amour, et c’était tout ce qui comptait pour elle.

La dernière pleine lune étant passée quelques jours avant son emprisonnement, Aria demeura deux cycles complets dans le cachot du village. Ce furent des jours qui s’écoulèrent lentement; la plupart du temps, on la laissait à elle-même, ne la dérangeant que pour lui offrir de quoi manger, comme le voulait la coutume. Et si on la dérangeait de nouveau, c’étaient les dames Enith, Naria et Maréa qui venaient la sermonner, l’exorciser ou prier à la Toute-Mère afin de faire en sorte que, d’un côté, la déesse pardonne ses actes à la pauvre femme, et de l’autre, qu’elle fasse en sorte de donner une apparence normale à l’enfant à naître. Car toute vie est précieuse, mais celle d’une personne ne respectant pas les règles et les coutumes du clan ne l’est pas.

« Je suis désolée, mon amour, » avait-elle communiqué par la pensée à Nythiel, un soir où tout fut calme. « Je ne pourrai pas revenir… »

Elle avait murmuré cela d’un air triste, alors que sa main était appuyée doucement sur le galbe de son ventre, où se développait déjà une petite vie, celle qu’ils avaient créée, involontairement, à deux.

« Je ne peux plus qu’espérer que la déesse m’épargne les souffrances dont je serai victime prochainement. »

Un léger sourire s’était dessiné sur le visage de la tigresse. Un sourire triste et émotif, n’exprimant qu’un profond regret. Son regard ne se dardait plus que sur ses mains, ces mains qui n’auront jamais l’occasion de prendre le fruit de ses entrailles contre elle, qui n’auront jamais droit de tenir ce petit être se développant tout tranquillement en elle, sans se soucier de ce qui se passait autour de lui.

« Si tu le vois un jour… Notre enfant... »

Les larmes aux yeux, elle retint difficilement un sanglot, alors qu’elle ressentait déjà les premières douleurs de l’enfantement.

« Tu lui diras que je l’aime… non? »

Le lendemain de la naissance de sa fille, la petite Taya, l’on achevait la mère lors d’un rituel exécuté sous la pleine lune, tirant une flèche dans le dos de celle-ci et la laissant tomber dans le ravin aux limites du plateau neigeux.

Le tout alors que la petite reposait tranquillement dans les bras d’Odilée.


The Young Tigress

Elle ne comprenait pas pourquoi les gens l’observaient ainsi. Elle voyait la peur dans leurs regards, le mépris, la méfiance, alors qu’elle était simplement assise au bord de la fenêtre, observant le monde à l’extérieur d’un air presque envieux. Ce n’était pas étrange, pourtant; la fillette le savait, ç’avait toujours été comme ça. Depuis sa naissance, les gens du village l’observaient de cet air effrayé et dégoûté. Tous sauf Odilée, la vieille dame qui l’avait élevée comme elle l’aurait fait sa propre fille.

Bon, certes, lorsqu’elle comparait la vieille dame aux autres familles qu’elle arrivait à distinguer dehors sur la place publique, malgré les intempéries répétées et violentes, Odilée était loin d’être la femme parfaite pour élever une enfant comme Taya. Elle était une véritable petite boule d’énergie; elle rêvait de découvrir le village, de finalement quitter la maison et d’aller à la rencontre de tous ces gens, là, dehors. Mais elle savait que l’Ancienne ne la laisserait jamais sortir. Il était déjà rare qu’elle la laisse quitter le sous-sol, alors demander à sortir dehors… C’était beaucoup trop risqué.

A pas feutrés, la jeune tigresse se dirigea vers la porte du sous-sol d’où elle était sortie, la refermant doucement derrière elle afin de ne pas alerter la vieille. Les lumières étaient extrêmement tamisées, si bien qu’on y voyait presque rien. Mais c’était cet environnement que la petite avait connu jusqu’alors, et c’était certainement celui qu’elle connaîtrait jusqu’à la fin de ses jours.

Plus les années passaient, plus Taya profitait des absences de la vieille dame pour s’évader du sous-sol miteux où elle la gardait prisonnière. Elle commençait à comprendre. Elle commençait à comprendre pourquoi ces gens la fixaient d’un air si dégoûté depuis sa plus tendre enfance. Odilée le lui avait toujours dit; elle n’avait ni parents, ni amis, et ce sont là les choses essentielles de la vie au sein de cette communauté. Ne pas en avoir était synonyme de rejet de la part des autres. Jamais, cependant, l’aînée ne lui avoua qu’elle avait toujours de la famille en cette tribu; ses grands-parents maternels ne voulaient rien savoir d’elle. Jamais Odilée ne lui avoua qu’à l’extérieur, on la surnommait ‘démone,’ ‘peste,’ ‘fille du diable’. Elle ne voulait pas accabler sa petite tête de choses si négatives, bien qu’elle-même ne pouvait réellement lui donner la vie à laquelle tout autre membre de la communauté de la montagne a droit. Et c’était parce que Taya savait qu’Odilée ne lui disait pas toute la vérité qu’elle s’évadait, toutes les nuits, habillée chaudement et allant simplement s’allonger dans la neige afin d’observer la lune et les étoiles.

Plus souvent qu’autrement, la fillette se demandait ce que c’était que d’avoir une famille. Un père, une mère, une soeur ou bien un frère. Parfois, elle posait ces questions aux étoiles et, bien qu’elle n’eut jamais de réponse, se confier aux astres brillants semblait l’aider à se sentir moins seule, moins isolée. Inconsciemment, elle se faisait la même promesse que, jadis, sa mère s’était faite, et qu’elle avait brisée contre son gré; Taya jura, par un soir de nouvelle lune, qu’un jour elle mettrait les pieds en dehors de cette prison de neige, qu’elle dévalerait la montagne pour ne plus jamais y revenir. Jamais elle n’aurait cru qu’une telle chose se produirait de sitôt.


Ignite

Odilée avait fini par trouver le trou par lequel la fillette s’évadait, au soir. On le lui avait signalé au lendemain de l’une des nombreuses escapades nocturnes de cette dernière, alors qu’un voisin l’avait vue s’y faufiler discrètement au retour. Jamais l’Ancienne n’avait été aussi en colère contre une personne. L’unique raison pour laquelle elle se permettait un excès de colère actuellement, alors que sa main s'abattit violemment sur la joue de sa ‘protégée’, était parce que celle-ci lui avait pris la seule de ses fidèles qui avait tant voulu apprendre d’elle, partager ses amples savoirs. Taya était trop jeune pour comprendre que cette réprimande excessive était faite pour son propre bien, pour la protéger de ce monde qu’elle ne connaissait pas. Ou était-ce plutôt afin de la garder loin des regards des autres, afin qu’on oublie que l’une des leurs fut traîtresse? Que ce fusse l’une ou l’autre option, cela ne changeait rien à l’avenir de la fillette; elle était condamnée à demeurer dans cette cave, à être famélique et ne survivre qu’à la noirceur. Du moins, c’est ce qui était prévu depuis toujours.

Ce ne fut que lorsque l’erreur fut commise qu’Odilée la comprit; alors qu’une chaleur presque suffocante commençait à envahir la pièce où elle se trouvait, et que le corps de la jeune hybride se sillonnait de veinures luisant d’un éclat orangé. Sa gorge semblait briller davantage et, étrangement, la marque que la main de la vieille dame avait laissée sur la peau de Taya semblait luire de ce même éclat. La peur dans les yeux de l’Ancienne était visible, alors que le regard de la jeune tigresse scintillait d’une rage à peine contenue. Odilée n’eut d’autre réflexe que celui de fuir; ne comprenant pas ce qui se produisait à l’heure actuelle, c’était le mieux à faire. A peine eut-elle le temps de se rendre à l’extérieur que les flammes s’emparaient de la maison, se répandant par les planchers de bois séchés par les années d’usure. Des flammes desquelles la jeune hybride semblait immunisée, alors qu’elle émergeait de la structure brûlant comme un feu de joie en plein hiver, le regard rempli d’une haine si grande qu’elle semblait être sur le point de se déchaîner.

La fillette s’approcha d’une nouvelle maison, observant les gens qui s’étaient rassemblés auprès d’Odilée afin de lui venir en aide. La foule la fixait à son tour d’un air horrifié, alors que Taya prenait une grande inspiration, crachant un jet de flammes brûlantes sur une deuxième bâtisse, celle-ci s’enflammant très rapidement à son tour. Les sentiments derrière un tel geste de la part de la petite étaient clairs, autant pour elle que pour le reste du clan; elle les détestait tous, et eux en avaient peur.

Les quatre Anciennes s’étaient rassemblées devant la foule de gens, les bras tendus de chaque côté de leurs corps frêles et vieillis. Ce qu’elles faisaient pitié, à tenter de couvrir les leurs de leurs maigres carcasses. Elles ne protègeraient rien si ce n’est qu’un morceau d’une autre personne. Sans plus attendre, Taya déversa toute la haine qu’elle avait accumulée envers ces gens depuis quelques années, les condamnant pour la plupart à une mort extrêmement atroce. Quelques survivants inclurent deux des matriarches, Enith et Maréa, qui elles condamnèrent à leur tour la jeune tigresse à l’exil permanent.

Le soir même, Taya, du haut de ses huit ans, quittait le village et le clan des Marcheurs des Glaces afin d’aller se tailler une place ailleurs, loin de ce mont maudit.


The Devil

Plusieurs jours, la rouquine erra seule, n’ayant pour seule compagnie que ce renard qui la suivait depuis quelques heures. Elle avait quitté le flanc de la montagne depuis longtemps déjà et était désormais perdue en forêt, sans ressources afin de survivre. Autant Taya savait se débrouiller, autant elle n’était pas formée en survie. A quoi bon? Elle avait passé l’entièreté de sa petite vie enfermée dans le sous-sol de l’une des défuntes matriarches de la tribu des montagnes. Il n’y avait là rien qui aurait pu prédire qu’elle aurait un jour besoin de survivre d’elle-même.

La fillette ne s’arrêta que lorsque ses petites jambes ne purent plus la porter, s’affalant au pied d’un grand arbre centenaire au tronc large comme une colonne de pierre et au feuillage si dense qu’on ne pouvait voir le ciel d’où elle était. De petites larmes avaient commencé à se former aux coins de ses yeux, alors qu’elle ramenait ses jambes contre sa poitrine. Elle était fatiguée, affamée, affaiblie. Et ce ne fut que lorsqu’elle fut en mesure de réfléchir comme il le fallait qu’elle put comprendre l’ampleur des actions qu’elle avait posées, là-haut sur la montagne. Elle avait ôté la vie à un peu moins de la moitié de la population du village… Et elle avait beau se dire que ces connards l’eurent mérité, Taya ne pouvait que se sentir de plus en plus coupable de leurs décès. Ainsi, elle pleura chaudement la perte de ces gens, et ce malgré qu’ils l’eurent si mal traitée durant toutes ces années. Mais elle ne fut pas seule bien longtemps.

De longues minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne perçoive une silhouette imposante se manifester entre les arbres, plus loin devant elle. Une silhouette qui s’avéra être celle d’une créature humanoïde et étrange, mais qui lui était étrangement rassurante, réconfortante. Comme si elle connaissait - ou du moins, reconnaissait - la présence de celui qui se présenta comme étant Nythiel. Ce fut lui qui la prit sous son aile, qui la sauva de maintes souffrances et qui la sauva d’une éternité de solitude et, éventuellement, d’une mort certaine en ces terres qu’elle ne connaissait point. Jamais elle n’aurait pu imaginer à quel point cette rencontre aurait d’impact sur sa petite vie mais, désormais, la petite tigresse ne put considérer ce démon autrement que comme son père, ce qui, au fond, n’était pas bien loin de la réalité.


The Shining Tear

Taya ne passa plus jamais un moment enfermée où que ce soit. Plus de barreaux, plus de portes, plus de fenêtres trop petites pour qu’elle ne puisse pas y passer. Elle se sentait libre depuis que Nythiel l’avait ramenée avec lui à Lewtia, afin de vivre dans un coin paisible où personne ne les dérangerait. Mieux encore, elle se sentait appréciée, réellement chérie. Comme un enfant devrait se sentir auprès de ses parents. Ca lui avait semblé étrange, au départ, mais elle s’y était rapidement habituée. De petite fille complètement introvertie, qui cachait ses sentiments au mieux sans jamais dévoiler quoi que ce soit, elle était devenue une jeune adolescente remplie de bonheur, un réel rayon de soleil sur pattes.

Nythiel lui avait appris à chasser. Ce fut là l’activité libératrice, ce qui fit en sorte que la rousse réussit à quitter son cocon, ce qui lui permit d’enfin commencer à s’épanouir comme tout enfant le ferait à son âge. Elle avait douze étés lorsqu’elle put enfin ramener sa première véritable prise à la grotte où elle vivait avec son père; un grand cerf aux bois majestueux, certes légèrement carbonisé et griffé puisqu’elle apprenait à chasser en utilisant ses pouvoirs et sa forme animale, mais une superbe prise tout de même. Elle se souvenait encore de ce sourire que le démon lui avait adressé, la lueur de fierté qui avait brillé si intensément dans son regard. Taya n’avait point compris pourquoi elle avait eu cette soudaine envie de pleurer, à ce moment. Pourtant, la raison était toute simple; elle n’avait jamais eu qui que ce soit pour être fier d’elle, pour l’encourager à continuer. Et maintenant qu’elle avait Nythiel, son papa…

Cette nuit-là, alors que le démon dormait profondément, la fille aux boucles de feu s’évada en douce de la caverne, son arc passé en bandoulière sur son dos, escaladant la falaise afin de se percher au sommet de celle-ci. Elle avait besoin de réfléchir, malgré les risques qu’elle prenait en s’y rendant aussi tard et alors que son seul gardien était endormi, sans se douter de son absence.

Tout y était étrangement calme. Le vent ne soufflait point, aucun nuage ne flottait devant les étoiles. La lune était parfaitement visible en ce ciel piqué de douces lumières. L’air était frisquet, mais cela ne dérangeait point la jeune hybride, qui elle était simplement assise au bord du gouffre, l’arc posé sur ses cuisses, les pieds dans le vide et le regard rivé sur les cieux et l’horizon. L’océan, au loin, était si calme que les douces lueurs du firmament s’y reflétaient et donnaient réellement l’impression qu’il n’y avait rien au-delà des berges de Lonarosh.

Un monde si vaste et pourtant, peuplé de minuscules créatures.

Le souffle de la rouquine s’envola en vapeur alors qu’elle soupirait, observant la splendeur de l’immensité qui s’offrait à elle. Elle peinait à croire que toute sa vie, elle avait été confinée à un espace restreint; un sous-sol sombre, mal éclairé chez les Coeurs-Gelés, et une caverne à même le flanc de la falaise où elle était assise actuellement, ainsi qu’une certaine zone en-dehors de celle-ci, au sol. Elle peinait à croire qu’Aria, sa mère selon ce que Nythiel lui avait récemment dévoilé, avait elle aussi passé sa vie condamnée à demeurer en un endroit, sans jamais avoir l’occasion de découvrir le monde qui l’entourait.

Taya serra doucement l’arc entre ses mains, laissant son regard dériver du firmament afin de se poser sur l’arme. Celle de sa mère, qui l’avait taillée, décorée, créée de toute pièce. Une lueur de tristesse brilla longuement dans le regard de la tigresse, alors qu’elle observait l’arc minutieusement confectionné dont son père lui avait fait cadeau. Combien elle donnerait pour revenir en arrière, pour voir le visage de cette femme qui l’avait mise au monde. Nythiel disait qu’elle en était le portrait craché, qu’elle avait ce même visage, ces mêmes taches de rousseur, ces mêmes boucles aux couleurs des flammes. Mais elle aurait tant voulu voir Aria au moins une fois de son vivant. Savoir si oui ou non elle l’avait aimée. Après tout, Enith, Naria et Maréa, les trois Anciennes de son clan qui n’avaient jamais voulu qu’elle demeure avec la tribu, avaient toujours dit en sa présence que sa mère s’était offerte en sacrifice après sa naissance, ayant apparemment décidé que la naissance d’un potentiel monstre était une réalité avec laquelle elle ne pouvait vivre. Avec tout ce que son père lui avait récemment dévoilé au sujet de son passé, les doutes pesaient lourdement sur ses épaules. Elle aurait tant voulu savoir mais, malheureusement, c’était chose fort impossible depuis longtemps. Une seule larme, scintillante comme les étoiles sur la voûte céleste, glissa le long de sa joue, alors qu’elle vivait seule le deuil de son voeu le plus cher.


The Desert Bloom

Plusieurs fois la rouquine s’évada l’espace d’une nuit, escaladant la périlleuse falaise sans grande difficulté afin d’aller observer les splendeurs de la nuit. Bien que ce fut dangereux, jamais elle ne regrettait ces petites escapades. Tant qu’elle était de retour et endormie au matin, il semblait que Nythiel ne se doutait de rien. Alors elle continuait de le faire, devenant de plus en plus téméraire au fil de ses sorties. Si bien qu’un jour, alors qu’elle ne venait que tout juste de terminer l’ascension de la falaise, Taya remarqua la lueur orangée d’un feu de fortune, plus loin sur le plateau désertique. Extrêmement curieuse de nature, elle prit sa forme animale, celle d’un grand tigre plutôt élancé et svelte, sprintant silencieusement jusqu’à ce qu’elle atteigne ce qu’elle identifia comme un campement composé de quelques tentes et au centre duquel brillait ledit feu.

Reprenant forme humaine, la rousse se faufila en douce autour de ces curieuses installations, observant dans les moindres détails ce qu’elle pouvait distinguer de son emplacement actuel. Au centre du cercle créé par les tentes, autour du feu, un groupe composé d’une quinzaine d’hommes et de femmes étaient rassemblés, assis sur des coussins de fortune, partageant un repas relativement riche. Une prise fraîche de la journée, peut-être? Enfin, c’était ce que la tigresse imaginait. Un autre détail qu’elle discerna fût les armes et les tenues qu’ils portaient tous. Des tenues de combat, visiblement. Des rires fusaient d’ici, des regards lourds de reproches de là, plus loin derrière on entendait des bribes de murmures échangés entre trois personnes qui se fichaient visiblement de la discussion générale. Puis, d’un coup, tous se firent silencieux, alors que les regards se posaient sur la silhouette qui venait tout juste de quitter la plus grande des tentes du campement. Évidemment, le regard de la jeune femme fut immédiatement attiré vers cette même personne et, d’un coup, elle avait totalement oublié qu’elle était actuellement en présence de potentiels ennemis.

Un jeune homme drapé de riches étoffes du désert, au cou et aux poignets sertis de bijoux tous plus dorés et brillants les uns que les autres, aux cheveux blonds et à la carnation de porcelaine; c’était lui qui avait silencieusement sommé au groupe bruyant de cesser leur cacophonie. Son autorité sur le groupe était telle que pas un mot ne fut murmuré alors qu’il s’approchait d’eux, s’asseyant ensuite sur l’un des nombreux coussins libres qui avaient été installés près des flammes. Son regard carmin s’était arrêté sur chaque visage présent autour de lui, avant qu’un léger sourire ne se dessine sur ses fines lèvres et qu’il n’annonce que la soirée pouvait débuter. Des cris de joie retentirent alors et firent sursauter la jeune chasseuse, qui demeura bien cachée derrière l’une des tentes à observer ce qui se passait maintenant.

Bien vite, les repas furent mangés, les coussins rangés et l’espace autour du feu aménagé autrement. Quelques-uns des individus présents sortirent même des instruments, s’installant un peu plus loin afin de laisser la place aux autres. Et la fête dura plusieurs heures.

Pour la première fois, Taya voyait des gens réellement heureux, alors qu’ils tournoyaient tous en rythme autour des flammes sous les regards des musiciens et du jeune homme aux bijoux dorés. Elle entendait des rires sincères, amusés, des exclamations de joie, des mélodies enjouées, elle voyait des pas de danse exécutés avec énergie et bonheur. Les yeux de ces hommes et de ces femmes qui dansaient tous ensemble scintillaient d’une lueur qu’elle n’avait jamais discernée dans le regard de qui que ce soit auparavant. Puis elle vit l’une des femmes se diriger vers le blond, qui lui était demeuré calé dans ses coussins depuis le début de la soirée, lui tendant les mains et l’observant d’un air heureux.

« Viens danser, Bloom! » s’était-elle alors exclamée.

Bien que cela ne sembla pas enjouer le blond, il se plia à la demande de la fille, quittant son coussin et allant se joindre aux autres. Jamais Taya ne le lâcha du regard; il la fascinait, par sa présence si forte, son énergie dissimulée derrière une apparence richement entretenue et, surtout, cette faible lueur nostalgique qu’il avait dans les yeux.

Peu avant l’aube, la rouquine se faufila loin de ce campement qu’elle avait observé la nuit durant. Elle se devait de rentrer sans être remarquée. Alors elle profita du fait que les festivités semblaient toujours aussi animées pour s’évader, sans savoir qu’un certain blond l’avait repérée alors qu’elle se sauvait en douce vers la falaise, chose contre laquelle il ne fit rien.


The Coming Years

Depuis ce jour, Taya sembla de plus en plus curieuse de découvrir le monde. Bien qu’elle ne pouvait voyager bien plus loin que le plateau au-delà du sommet de la falaise pour le moment, elle était déterminée à voler de ses propres ailes un jour. Elle voulait en savoir plus sur ce mystérieux jeune homme qui avait si facilement capturé son attention ce soir-là, et tous les soirs où elle visita ce même campement par la suite; il la fascinait tant et si bien qu’elle n’eut jamais le courage d’aller lui parler, surtout par peur de s’attirer des problèmes autant du côté de Nythiel que de celui de ce groupe d’individus potentiellement hostiles. Elle était loin de se douter, cependant, que ce sentiment de fascination était réciproque du côté de Bloom.

Cependant, autant son désir de découvrir Vasterya et ses secrets était grandissant, autant elle redoutait quitter le nid familial. Elle avait tant souhaité posséder une famille, avoir au moins une personne qui la chérirait comme la prunelle de ses yeux, qu’elle avait presque envie d’abandonner ce souhait que de découvrir le monde. Elle voulait demeurer avec son père, elle voulait continuer d’être là pour lui en ce monde qui lui était si hostile.

Son destin étant flou et complètement incertain, cependant, la tigresse n’osait prendre de décision à ce sujet, demeurant cachée au fin fond du désert dans cette grotte qu’elle avait appris à considérer comme son chez elle.


Capacités / Armes

Élémentaliste du feu, Taya possède deux capacités ainsi qu’un passif liés à cet élément. Ce sont des pouvoirs qui, utilisés comme il se doit, sont aussi impressionnants que létaux.

Dragon’s Breath : Capacité permettant à Taya de cracher un jet de flammes brûlantes sur quelques mètres pendant quelques secondes. Peut être utilisé à cinq reprises consécutives avant qu’elle ne doive en cesser l’utilisation, au risque de subir un coup de chaleur grave et demeurer hors-circuit quelques jours.

Ignite : Capacité permettant à Taya d’enflammer une partie de son corps sur demande. C’est un pouvoir à très courte durée d’utilisation, soit cinq minutes, avant qu’elle ne doive éteindre les flammes. Immense dépense énergétique, il peut causer un coup de chaleur grave ou même la mort de Taya si poussé à bout.

Immunity (passif) : Taya est en partie immunisée contre le feu grâce à ce pouvoir passif. Sa gorge et ses mains en particulier, puisque ce sont les principales parties de son corps qui font face au danger des flammes sur une base régulière. Autant ce don l’immunise contre le feu dit ‘normal’, il ne l’immunise cependant pas aux flammes issues des capacités magiques d’autrui. Elle est, cependant, complètement immunisées à ses propres flammes.

Cela dit, Taya est également une chasseuse hors-pair, qui porte sur elle une multitude d'armes qui peuvent lui servir en toutes sortes de situations périlleuses.

Mother's Bow : Arc offert par Nythiel il y a quelques années, c'est une arme qui appartenait jadis à sa mère. Décoré de perles de bois, de plumes et de lanières de cuir coloré, c'est un objet précieux dont elle ne se sépare jamais. C'est son arme de prédilection.

Hunter's Knife : Un long couteau de chasse, lui permet de se défendre au corps-à-corps si besoin. Permet également d'achever ses prises lors de ses chasses.

Throwing Knives : Couteaux de lancer, toujours utiles d'en avoir quelques-uns sur soi même si elle ne les utilise pratiquement jamais.



Joueur

PSEUDO / PRÉNOM ∆ Soja Okita ♥️
AGE ∆ 20 balais

EXPÉRIENCE EN RPG ∆ 7 ans.

COMMENT TU NOUS A TROUVÉ ∆ I'm a TC. huhuu
AS-TU DES CHOSES A SIGNALER ∆ Nah fam.

CODE DU RÈGLEMENT ∆ Auto-validation. huhuu


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Taya || Wrath of the Desert [Terminée]
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